Collaborateur Bugatti Andy Wallace – Pilote d’essai, un job de rêve

Des lunettes de soleil réfléchissantes, un large sourire. Andy Wallace est toujours de bonne humeur le matin lorsqu’il prend ses fonctions. L’ancien vainqueur des 24 Heures du Mans teste les voitures Bugatti, telles que la Chiron1, et conduit régulièrement des prototypes. Par ailleurs, le Britannique a établi, il y a quelques jours à peine, le record du monde de vitesse avec la Chiron et a été le premier à dépasser les 300 miles par heure au volant d’une voiture de série.

Andy Wallace, 2019

Lorsque Andy Wallace prend place dans une nouvelle Chiron, il règle d’abord le siège et le volant à sa taille puis appuie sur le bouton de démarrage du volant. Le temps de chauffe de la Chiron est d’environ cinq minutes. Les pneus offrent une traction optimale lorsqu’ils atteignent une température de 25 degrés. « Ils présentent alors une adhérence maximale, et le couple moteur de 1 600 Nm peut être transposé sur le bitume. »

Le Britannique est un spécialiste dans son domaine : il est pilote d’essai chez Bugatti depuis 2011 et amène les clients jusqu’aux limites de la physique de conduite. À son compteur, plus de 100 000 kilomètres parcourus au volant des supercars de luxe assemblées à Molsheim : près de 30 modèles différents de Veyron, Chiron1, Divo2 et quelques prototypes ainsi que des véhicules de records. Il connait les hypercars, leurs subtilités, leurs raffinements et leurs particularités. « Je fais en sorte que le premier trajet avec la voiture soit absolument sûr, que le client se sente immédiatement à l’aise », déclare-t-il.

Mallory Park, 1980

Snetterton, 1986

Un professionnel reconnu

Âgé de 58 ans, le pilote d’essai est un professionnel reconnu. Il fut pilote de course pendant plus de 30 ans. Il prit le départ des 24 Heures du Mans et de Daytona à 21 reprises : une fois vainqueur de la mythique épreuve d’endurance, et trois fois à Daytona. Il participa 19 fois aux 12 Heures de Sebring, et remporta la course à deux reprises. Andy Wallace aime les courses d’endurance et possède un pied sensible. Depuis 2006, il coache d’autres pilotes avec leurs voitures, leur transmet son savoir-faire et appuie le travail des ingénieurs Bugatti.

Dès 1986, il noua des contacts avec le constructeur de moteurs Volkswagen en Formule 3 avant de conduire des bolides pour Audi et Bentley, notamment aux 24 Heures du Mans. En 2011, lorsque Bugatti Automobiles S.A.S. entreprit de rechercher un pilote d’essai officiel, d’anciens ingénieurs de course se rappelèrent d’Andy Wallace et de sa conduite fiable, précise, tout en retenue. « Je pensais qu’au terme de ma carrière de pilote de course, je n’aurai plus l’occasion de m’installer au volant de véhicules puissants. Mais Bugatti est venu me voir avec une offre que je ne pouvais tout simplement pas refuser », sourit Andy Wallace. En effet, la Chiron et la Divo sont supérieures dans la quasi-totalité des domaines et plus rapides que les voitures de course qu’il pilotait à l’époque.

Pour lui, c’est un véritable privilège de pouvoir conduire régulièrement les modèles de Bugatti. « Je suis fou de voitures depuis l’âge de cinq ans. J’ai participé à ma première course automobile à huit ans, et ma carrière a ensuite duré 33 ans. J’ai désormais une chance inouïe de conduire des voitures avec une telle force d’accélération accumulée dans un véritable véhicule de luxe. En tant qu’ancien pilote de course, j’apprécie tout naturellement la vitesse et les forces transversales », déclare-t-il. Sans oublier le superbe site de production de Molsheim et l’équipe fort sympathique. Il savoure chaque jour passé à Molsheim.

Andy Wallace aime les hypercars, car elles ont plus de puissance que ses anciennes voitures de course et sont clairement différentes. « L’accélération d’une Chiron est incomparable. La Chiron passe de 0 à 100 km/h en 2,4 secondes, elle atteint les 200 km/h en moins de 6,1 secondes et les 300 km/h en seulement 13,1 secondes. Entre temps, il n’y a aucune baisse de puissance, ce qui est totalement surprenant », ajoute Andy Wallace. Il teste l’accélération sur la piste de décollage et d’atterrissage de l’aéroport de Colmar, à proximité de Molsheim, ou sur une piste ovale grande vitesse à Ehra-Lessien, en Basse-Saxe allemande. Précisément là où il a battu le record du monde de vitesse.

Le Mans, 1988

« L’accélération d’une Chiron est incomparable. »

Andy Wallace

Essais en Alsace ou sur circuits

Les semaines se suivent mais ne se ressemblent pas. Le plus souvent, Andy Wallace organise les essais pour les clients, leur présente la voiture et les conduit sur les plus belles routes d’Alsace. Si l’essai porte essentiellement sur la performance de l’hypercar, capable d’atteindre 420 km/h, il loue un circuit comme celui du Castellet en France. Là-bas, les clients peuvent appuyer librement sur la pédale d’accélération, et conduire à 370 km/h. « Chez Bugatti, il n’est pas question de vitesse pure, même si nous avons récemment battu le record de vitesse à 490,484 km/h et que nous sommes le premier constructeur à avoir dépassé les 300 miles par heure. La Chiron ne se limite pas au simple statut de bolide de course. Il s’agit d’une supercar de luxe confortable et très, voire extrêmement, rapide », déclare Andy Wallace. Il apprécie également les trajets sur le siège passager.

De nombreux clients Bugatti possèdent encore d’autres supercars. Avec ses 1 500 ch, la Chiron marque le fer de lance en termes de puissance. Mais pas seulement. « Dès qu’ils pénètrent dans le véhicule, les clients se rendent bien compte que Bugatti est le spécialiste des voitures de luxe. Lors de la conduite, la plupart d’entre eux sont surpris par le caractère très maniable et confortable des modèles », affirme Andy Wallace. Vient d’abord le respect, l’admiration devant tant de puissance. S’en suit le plaisir de la vitesse, du luxe, de l’usinage et de la qualité de la voiture.

Il ajoute ensuite : « Les gens qui voient une Bugatti pour la première fois sont d’abord frappés par son design et sa qualité. Et lorsqu’ils se consacrent activement aux véhicules, ils remarquent rapidement les pièces d’exception, le travail d’ingénierie, comme le raidisseur entre le moteur et la transmission ». Mise à part la puissance, l’habitacle dégagé et fortement réduit est également très convaincant. « Aucun bouton, commutateur ou écran superflu ne vient distraire le conducteur, qui détient néanmoins toutes les informations importantes. C’est cela, le luxe à l’état pur », déclare Andy Wallace,

qui, outre la puissance et la vitesse, est conquis par la technique et les nouveaux développements sur les véhicules Bugatti. « Avec leurs moteurs 16 cylindres de 8 litres et les quatre turbocompresseurs, la Chiron et la Divo sont des spécimens uniques dans l’histoire de l’automobile », affirme l’ancien pilote de course. Des voitures historiques telles que la Bugatti Type 35 de 1925 ont également ses faveurs. « À l’époque, la Type 35 a démontré tout ce qui était techniquement réalisable. Un vrai chef d’œuvre. »

En comparaison avec la Bugatti Veyron (2005-2015), la Chiron, construite depuis 2016, offre davantage de puissance et de traction ainsi que de meilleurs systèmes d’assistance. « La Veyron se démarquait déjà très nettement, et aujourd’hui encore, c’est un véritable plaisir de la conduire. Tous les modules ont encore été améliorés sur la Chiron », affirme Andy Wallace. Ainsi, le contrôle de stabilité réagit plus vite, le couple moteur maximal de 1 600 Nm est transmis sur la route, même en première vitesse. « La force motrice de la Chiron a été significativement augmentée, la suspension absorbe rapidement toutes les irrégularités de la route. Il n’y a quasiment aucun mouvement de roulis et le freinage est encore plus puissant. La Chiron se conduit donc très facilement », ne cesse-t-il de s’émerveiller.

Pour lui, la grande différence entre un bolide de course et une Bugatti se situe dans le luxe. Les voitures de course doivent rendre compte de leur performance sur un circuit tandis qu’une Bugatti doit rester confortable, pour une conduite quotidienne. « J’ai toujours la même pensée quand je ferme la porte, je savoure ma chance d’exercer ce métier : je suis assis au volant de la meilleure voiture du monde, que puis-je espérer de plus ? », se demande-t-il avant d’ajuster ses lunettes de soleil réfléchissantes et de donner un coup d’accélérateur.

Photos

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    Chiron:

    Consommation de carburant (l/100 km) : en cycle urbain 35,2 / en cycle extra-urbain 15,2 / en cycle mixte 22,5 ; émissions de CO2 en cycle mixte (g/km) : 516 ; classe énergétique : G*
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    Divo:

    Les informations sur la consommation de carburant sont soumises aux dispositions de la Directive 1999/94/CE. La voiture n’a pas encore été réceptionnée à ce jour.